La Chaire a eu le plaisir de recevoir Muriel Rebourg, professeure de droit privé à l’Université de Brest, pour une conférence-midi.

Les orientations des politiques publiques dans le champ du vieillissement et de la perte d’autonomie montrent une faible défamilialisation du soutien aux personnes âgées. Les enquêtes montrent en effet des engagements de proches qui ne décroissent pas. Et on relève des situations d’aide mixte (proches et professionnels) pour plus d’un tiers des situations de soutiens à domicile, en proportion croissante pour les femmes, et pour les personnes avec des besoins d’aide élevés.
Dans un contexte de longévité accrue et de promotion du maintien à domicile des ainés, l’aide des proches est donc une véritable condition du maintien à domicile des personnes ayant le plus de besoins d’accompagnement et de soin. Les discours institutionnels sur les dispositifs d’aide aux aidants soulignent d’ailleurs l’importance des proches aidants comme figure de l’État Social à mobiliser et à reconnaitre en partie. La Loi adaptation de la société au vieillissement (ASV) du 28 décembre 2015 a ainsi donné un cadre juridique aux proches aidants. Depuis, l’évolution observée est celle d’une mobilisation croissante des proches aidants qui interroge les limites des devoirs familiaux, le statut et les soutiens apportés aux aidants mais aussi la monétarisation du «travail familial».
PPT utilisé par la conférencière
La professeure Muriel Rebourg a présenté une autre conférence dans le cadre des activités de la Chaire:
En savoir plus sur la professeure Muriel Rebourg

Spécialiste du droit des personnes et de la famille, la professeure Muriel Rebourg a effectué son doctorat en droit de la famille en 1996, à l’Université Lyon 3 consacré à "La prise en charge de l’enfant par son beau-parent" (Defrénois, 2003), sous la direction de M. le Professeur H. Fulchiron. Ses activités de recherche se sont ensuite orientées sur les solidarités familiales et leur articulation avec la solidarité nationale ainsi que sur la protection juridique des majeurs vulnérables intégrant la question du vieillissement en droit. Elle a coordonné un projet de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche sur « Parcours de vulnérabilité au grand âge: l’usager, le malade, le majeur protégé» (2008/2012) et publié un ouvrage collectif en collaboration avec F. Le Borgne-Uguen sur «L’entraide familiale: régulations juridiques et pratiques sociales » (PU Rennes, mars 2012).
Ses travaux et orientations de recherche portent actuellement sur les tensions entre autonomie et protection et le respect des libertés individuelles et droits fondamentaux des majeurs vulnérables. Plus spécialement, la professeure Muriel Rebourg a abordé cette question sous l’angle de la mise en œuvre du principe d’autonomie issu de la loi du 5 mars 2007 réformant la protection juridique des majeurs en France, de l’entrée en établissement (EHPAD) et de la question du consentement de la personne âgée, de la prévention de la maltraitance financière à travers notamment la question des interdictions de disposer et de recevoir et du respect et de l’exercice des droits des personnes âgées dans le contexte de la Covid-19.
La professeure Muriel Rebourg est membre de la Communauté mixte de recherche "Droits humains-Capacités-Participation et participe à deux projets lauréats du programme prioritaire de recherche France 2030 «Autonomie: vieillissement et situations de Handicap» (Ancrer l'autonomie de vie (AUVI) : Une approche pragmatisme par les droits humains, ss. dir. B. Eyraud, Lyon 2, CNRS et Régimes d’autonomie dans le soin de longue durée: instrumentation et territoires (AURELIA) ss. dir. O. Giraud, CNAM CNRS et L. Trabut, INED).